L’armée congolaise classée 10ème en Afrique selon le chef d’état major des forces terrestres de la RDC mais incapable d’en finir avec les groupes armés

Le général major Isidore Kaumbu, chef d'état major des forces terrestres de la RDC, mercredi 10 octobre à Goma © DR

Mercredi 10 octobre à Goma, le général major Isidore Kaumbu a procédé à l’installation des commandants de la 34ème région militaire du Nord-Kivu à l’occasion d’une cérémonie de prise d’armes organisée au stade AFIA au cours de laquelle il s’est longuement exprimé.

Prenant la parole à cette occasion pour s’adresser aux éléments des forces armées, le chef d’état major des forces terrestres de la RDC a tout d’abord vanté les mérites de l’armée congolaise. Selon lui, les FARDC seraient classées au 10ème rang des armées sur le continent africain. « Nous devons progresser encore et occuper les premières places », a-t-il martelé devant ses troupes.

Dans son discours, l’officier a ensuite tenu à rappeler les missions de l’armée : protection des biens et des personnes, de l’intégrité du territoire nationale, etc. Un discours cependant en complet décalage avec la réalité dans cette province de l’est de la RDC. Chaque soir en effet, dans plusieurs villes du Nord-Kivu, des éléments en tenues militaires sont accusés de rançonner les populations civiles. C’est notamment le cas à Goma où, dans plusieurs quartiers, les militaires font la loi à la tombée de la nuit.

Décalage avec la réalité

Peut-être est-ce à cela que le général major Isidore Kaumbu a voulu faire allusion quand il a déclaré que « les civils (devaient) se sentir en sécurité lorsqu’ il (voyait un militaire ou un policier. » « Si la population n’a pas confiance en nous, elle ne dénoncera jamais les bandits que nous traquons et qui, parfois, vivent parmi elle », a-t-il insisté en disant qu’ « il (fallait) créer de la confiance pour pouvoir bénéficier de la coopération des populations ».

S’agissant des groupes rebelles armées qui pullulent dans le Nord-Kivu et pourrissent la vie des populations, le général major Isidore Kaumbu a semblé encore moins en prise avec la réalité. Rappelant qu’un état des lieux de l’insécurité dans la province avait été effectué qui sera bientôt remis au président (hors mandat) Joseph Kabila, l’officier s’est dit convaincu que les groupes rebelles armés seraient bientôt éradiqués.

Vœux pieux

« Je vous assure que bientôt tous les groupes armés qui sont à l’origine de l’insécurité dans la province seront éradiqués. Mais pour y arriver, cela nécessite de la discipline. Soyons donc disciplinés car c’est la clé de l’efficacité de toutes les armées du monde », a indiqué le chef d’état major de forces terrestres en lingala, la langue la plus parlée au sein de l’armée congolaise.

Hélas, cela semble s’apparenter à un vœu pieux. Les FARDC se sont en effet toujours montrées incapables de bouter hors du Nord-Kivu les groupes rebelles armées, qui y sont enkystés depuis parfois plusieurs décennies. Pire, depuis quelques mois, le niveau d’insécurité, déjà très élevé dans la province, a encore augmenté, comme le montre l’intensification des tueries à Beni, dans le territoire de Masisi (où même les animaux ne sont pas épargnés) ou encore le massacre samedi dernier dans la cité minière de Rubaya.

Dans sa conclusion, le patron des forces terrestres de l’armée congolaise a demandé aux militaires de ne pas s’immiscer dans les activités politiques, de ne pas se livrer à l’exploitation de minerais ni même d’en faire commerce. Mais ici aussi, pour qui connaît un tant soit peu le fonctionnement des FARDC dans le Nord-Kivu, cela ressemble à un autre vœu pieux.