En négociation avec Félix Tshisekedi pour entrer au gouvernement, Antipas Mbusa Nyamwisi quitte Lamuka

Antipas Mbusa Nyamwisi © DR

Comme l’a révélé Le Congo Libéré début juin, le leader de la communauté Nande au Nord-Kivu est en discussion depuis plusieurs mois avec Félix Tshisekedi pour intégrer la nouvelle équipe gouvernementale dont la nomination se fait toujours attendre plus de six mois après les élections législatives.

Dans un courrier en date du 17 juin (voir ci-dessous), Antipas Mbusa Nyamwisi confirme être en concertation avec le président de la République Félix Antoine Tshisekedi et dit vouloir « suspendre, à dater de ce jour, (sa) participation aux activités de Lamuka»

L’intéressé justifie ces négociations par sa volonté « d’apporter (sa) contribution à la lutte contre l’épidémie à virus Ebola et l’insécurité qui sévissent dans l’est du pays, notamment à Beni-Butembo et dans l’Ituri»

Antipas Mbusa discute depuis plusieurs mois avec Félix Thsisekedi pour décrocher un poste ministériel, comme l’a révélé Le Congo Libéré dans un article paru le 4 juin dernier.

Discrètement reçu par Félix Tshisekedi à Nairobi (le 6 février), comme l’a confirmé un conseiller à la présidence issue de la diaspora sud-africaine, puis aperçu à Pretoria au moment où le président RD congolais s’y trouvait pour l’investiture de Cyril Ramaphosa (le 25 mai) et arrivé à Kinshasa la veille des obsèques nationales d’Etienne Tshisekedi (le 31 mai), le leader de la communauté Nande dans le Nord-Kivu est l’objet de toutes les attentions du nouveau président qui verrait en lui un soutien puissant dans cette région où il est dépourvu d’allié mais aussi un moyen, espère-t-il, d’affaiblir la coalition d’opposition qu’il tente, par divers procédé, de fracturer.

Reste un obstacle de taille à surmonter. L’aval de Joseph Kabila sans lequel aucune nomination au sein du gouvernement ne sera possible. Or, l’ancien président, qui demeure l’homme fort du pays, considère depuis plus de dix ans Mbusa Nyamwisi comme l’un de ses principaux ennemis politiques. D’autant que le leader Nande se montrerait gourmand : il demande en effet un poste régalien, l’Intérieur ou la Défense en priorité.

Du côté de Lamuka, on dit ne pas être surpris par cette décision car l’intéressé en a fait part dès le mois de mars dernier à ses principaux leaders.