« A la prison centrale de Goma, les prévenus en attente de jugement sont plus nombreux que les personnes condamnées » (Robert Kambale Lufungula, ministre de la Justice au Nord-Kivu)

Le ministre provincial de la Justice du Nord-Kivu, Robert Kakule Lufungula © Pacheco Kavundama
Le ministre provincial de la justice au Nord-Kivu a effectué mercredi une descente au sein de la prison centrale de Goma, plus connue sous le nom de Munzenze.

Par Pacheco Kavundama, notre correspondant à l’est de la RDC 

L’objectif du ministre provincial de la Justice, Robert Kambale Lufungula, était de faire un état des lieux de cette maison carcérale et de constater de visu les mauvaises conditions de détention.

« La situation est catastrophique. Les personnes qui sont en détention vivent dans des conditions déplorables. Le gouvernement provincial doit agir », a exhorté le ministre.

Celui-ci a par ailleurs souligné qu’au sein de cette prison centrale de Goma se trouvaient des malades qui nécessiteraient d’être transférés dans des structures sanitaires pour y subir des soins appropriés.

Pour ne rien arranger à la situation, le personnel médical s’est mis en grève le 23 septembre dernier pour protester contre la rupture d’approvisionnement en intrants médicaux.

« Je vais maintenant rencontrer les magistrats et leur parler de cette situation. Il y a dans cette prison davantage de détenus en attente de jugement que de condamnés. Cela signifie que des personnes croupissent en prison sans être passées devant un juge et avoir pu se défendre », a déploré le ministre.

Il y a quelques jours déjà, le député national Jean Baptiste Kasekwa, élu de Goma, avait lui aussi déploré les conditions de détention au sein de la prison centrale de Goma, la qualifiant de cimetière centrale de Goma (lire notre article).

Selon Patrick Mukendi, le directeur de la prison centrale de Goma, si la situation est relativement acceptable chez les femmes avec une capacité de 50 à 55 places, elle ne l’est pas du tout chez les hommes où l’on compte plus de 2 500 détenus pour une capacité de seulement 400 places.

Ce qui pose problème, selon lui, c’est moins la justice civile (549 prévenus et 623 condamnés) que militaire (1 148 prévenus et 257 condamnés). La prison compte également quelques détenus étrangers (42 prévenus et 11 condamnés, ougandais et rwandais dans leur écrasante majorité).

Construite pour accueillir 300 prisonniers, la prison centrale de Goma compte à ce jour près de 2 560 prisonniers. « En cette saison des pluies, 900 détenus passent la nuit sous la belle étoile à cause du surpeuplement », se désole Patrick Mukendi.