A Goma, la taxe provinciale prive d’eau potable une grande partie de la population

Camion citerne livrant en eau (plus ou moins) potable la population de Goma © DR

La ville de Goma avec ses plus d’un million d’habitants fait depuis longtems face à une forte pénurie d’eau potable. La cause : l’incapacité de la REGIDESO à en assurer la distribution dans l’ensemble des 18 quartiers de la ville. 

Par Augustin Mosange, l’un de nos correspondants à Goma 

Dans certains quartiers, comme à Ndosho, à l’ouest de la ville, la population est contrainte d’acheter de l’eau auprès de camions citernes. De l’eau qui ne semblerait pas toujours être potable.

Sans compter le coût. Si pendant la saison des pluies, le bidon de 20 litres s’achète entre 150 et 200 francs congolais ; durant la saison sèche comme en ce mois d’août, le même bidon de 20 litres se négocie jusqu’à 500 francs congolais.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur le plan sanitaire. Dans les quartiers où la REGIDESO est absente, l’eau potable est encore plus rare. Ce manque d’hygiène est à l’origine de nombreuses maladies, les habitants ne pouvant notamment se laver régulièrement les mains pour éliminer les bactéries.

Ces derniers temps, la situation s’est encore aggravée. Cela fait désormais plus de cinq jours que les camions citernes ne livrent plus le quartier de Ndosho. Les camionneurs, en effet, sont en grève. L’objet de leur courroux : la taxe provinciale, dont le montant est devenu exorbitant. Ces camionneurs ont donc décidé d’arrêter le travail afin d’interpeller le ministre provincial de l’Energie qui, jusque-là, est s’est muré dans un lourd silence.

Inaction de la REGIDESO et des autorités

Excédée, la population de Ndosho est descendu ce mercredi 22 août dans la rue pour réclamer de l’eau. Après un échange avec le maire de Goma et la bourgmestre de la commune de Karismbi, celle-ci a stoppé son mouvement après que le maire leur a affirmé qu’il rencontrerait sans délai le ministre provincial de l’Energie pour évoquer cette taxe.

Joint par Le Congo Libéré, Brigitte Mbayiki Semivumbi, a tenté de rassurer. « Le maire de la ville a promis rencontrer seul le ministre provincial de l’Energie. En attendant, il a demandé aux camionneurs d’arrêter la grève et de servir la population en attendant que la discussion avec le ministre ne porte ses fruits », a-t-elle indiqué.

Pour Patrick Mundeke, un jeune de Goma et leader de l’opposition au Nord-Kivu, le ministre provincial de l’Energie devrait démissionner en raison de son attitude. Garder le silence alors qu’une large partie de la population n’a pas accès à l’eau potable depuis plusieurs jours en cette période de saison sèche et au moment où tout le monde tente de se protéger face à la propagation du virus Ebola, ce qui suppose d’observer des règles d’hygiène drastiques, est irresponsable selon lui.

A Goma, les problèmes d’accès à l’eau sont récurrents. La ville, qui ne dispose que du lac Kivu comme source d’approvisionnement, y est tout exposée à chaque saison sèche. Ni la REGIDESO, ni les autorités ne semblent jusqu’à présent avoir pris la mesure du problème.