Une rentrée scolaire très incertaine pour de nombreuses familles à l’est de la RDC

A Goma, cette rentrée scolaire s'annonce morose, y compris pour les commerçants. Faute d'argent, les familles ont du mal à acheter les fournitures scolaires © DR

Alors que le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel a fixé au lundi 3 septembre la rentrée des classes sur toute l’étendue de la RDC, certains parents risquent de ne pas envoyer leurs enfants à l’école faute de moyens financiers pour payer les droits d’inscription et les fournitures scolaires.

Sur le territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu, la situation prend des proportions inquiétantes. Pili Pili Kambale, père de cinq enfants, dont trois vont à l’école secondaire et deux au primaire, ne sait plus quoi faire. A quelques jours de la rentrée scolaire, il n’a pas encore acheté un seul cahier ou stylo pour ses enfants. Au chômage, il n’a pas les moyens pour payer les fournitures scolaires, ni même pour s’acquitter des droits d’inscription pour ses cinq enfants.

La précarité dans laquelle se trouve nombre de familles se vérifie au marché central de Rutshuru où les commerçants font grise mine. Les clients ne s’y bousculent pas, en effet, pour venir acheter cahiers, stylos ou uniformes. Les gens n’ont pas d’argent. Donc il ne viennent pas acheter. Et nous, on se retrouve avec un stock de fournitures scolaires que l’on devra attendre l’année prochaine pour, espérons-le, écouler« , explique l’une de ces commerçante, affalée sur sa chaise en attendant d’hypothétiques clients.

Selon la Constitution, l’enseignement primaire est gratuit en RDC. Mais cette disposition demeure purement théorique. Voilà pourquoi la rentrée, dont le coût est chaque année plus élevé, reste une source de stress importante pour les familles, tant pour les parents que pour leurs enfants.