RDC : Moïse Katumbi nomme plusieurs spécialistes des droits de l’Homme au sein de son cabinet

Timothée Mbuya Muselwa, directeur exécutif de l'association Justicia ASBL, incarcéré durant sept mois à la prison de Kasapa à Lubumbashi, a été nommé conseiller juridique au sein du cabinet de Moïse Katumbi © Twitter

Moïse Katumbi, l’opposant le plus redouté par Joseph Kabila, peaufine son organisation en vue des échéances électorales à venir en RDC. Le cabinet de 46 personnes qu’il a nommé mardi 3 juillet fait la part belle aux défenseurs des droits de l’Homme. 

« La forme, c’est le fond qui remonte à la surface. » La célèbre citation de Victor Hugo s’applique parfaitement au cabinet de Moïse Katumbi. En effet, à travers sa composition, on devine les priorités d’action de l’ex-gouverneur du Katanga, couchées noir sur blanc dans son programme politique dévoilé il y a quatre mois en Afrique du sud lors du Congrès fondateur de son mouvement Ensemble pour le changement.

Parmi ces priorités, la défense des droits de l’Homme figurent en bonne place. « C’est une priorité absolue car tout procède du respect des droits humains. Sans cela, pas de liberté, pas de démocratie, pas de développement », dit-on dans son entourage.

Fort logiquement, le cabinet de Moïse Katumbi comprend donc plusieurs défenseurs notoires des droits de l’Homme en RDC. C’est le cas notamment de l’activiste Timothée Mbuya Muselwa. Directeur exécutif de l’association Justicia ASBL, il fut incarcéré durant sept mois (du 31 juillet 2017 au 13 février 2018) à la prison de Kasapa à Lubumbashi après avoir participé à une manifestation pour demander à la CENI de publier un calendrier électoral. Il occupera désormais les fonctions de conseiller juridique au sein du cabinet de Moïse Katumbi.

Autre exemple, celui d’Oscar Rachidi Akida, le fondateur et président national de la très active Ligue contre la corruption et la fraude en RDC (Licof), organisation qui s’est constituée partie civile dans la plainte déposée en juin 2017 en Belgique contre le ministre congolais de la Justice Thambwe Mwamba pour crime contre l’humanité.

Dans un pays qui compte désormais près de 4,5 millions de déplacés internes, où les violences de toutes sortes ont atteint un niveau insupportable et où la corruption a pris des proportions endémiques, le respect de l’Etat de droit et des droits de l’Homme est, de l’avis unanime, une priorité.