RDC : le dauphin de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, chantre du souverainisme, se rendra aux frais de l’Etat congolais au Sommet de la francophonie d’Erevan

Emmanuel Ramazani Shadary,le dauphin de Joseph Kabila, se rendra cette semaine au Sommet de la Francophonie à Erevan ©PPRD – Twitter

Le dauphin désigné par Joseph Kabila pour lui succéder à la tête de la République Démocratique du Congo cherchera à rencontrer cette semaine les chefs d’Etat de la francophonie afin de solliciter leur soutien. 

Paradoxal mais pas surprenant pour qui suit un tant soit peu la vie politique RD congolaise. Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin désigné par Joseph Kabila pour lui succéder au poste de président à la faveur de l’élection présidentielle, théoriquement prévue le 23 décembre prochain, se rendra au XVIIe Sommet de la Francophonie les 11 et 12 octobre 2018 à Erevan en Arménie.

De quoi faire sourire bon nombre d’observateurs de la vie politique RD congolaise. Emmanuel Ramazani Shadary, est en effet le chantre du souverainisme, le héraut du nationalisme congolais. Que vient-il donc faire dans ce temple du multilatéralisme francophone qu’il pourfend à longueur de discours ? Dans la perspective de l’élection présidentielle à venir, le dauphin de Joseph Kabila est à la recherche de soutien de la part des chefs d’Etat de la francophonie. « C’est assez cocasse de voir le candidat de la majorité présidentielle, qui rejette toute coopération avec l’OIF ou d’autres organisations extérieures dans le cadre des prochaines élections, venir plaider sa cause lors du Sommet de la francophonie », s’amuse le conseiller Afrique d’un chef d’Etat européen.

Double polémique 

Mais pour Emmanuel Ramazani Shadary, la polémique ne s’arrête pas-là. Le candidat de la famille présidentielle se rendra en effet au Sommet d’Erevan cette semaine, dans le cadre de la délégation officielle de la RDC. Il sera notamment accompagné par Léonard She Okitundu, le ministre des Affaires étrangères, et par Néhémie Mwilanya Wilondja, le directeur de cabinet de Joseph Kabila. Un séjour entièrement payé par l’argent public RD congolais. S’il est vrai qu’en RDC, financer un voyage privé aux frais de l’Etat est monnaie courante, l’affaire n’en est pas moins choquante.

Compte tenu de cette double polémique qui s’ajoute au contexte délétère qui entoure à l’heure actuelle le processus électoral en RDC, il n’est pas certain qu’à Erevan les chefs d’Etat se bousculeront pour serrer la main de celui à travers qui Joseph Kabila entend perpétuer son pouvoir sur le plus grand pays francophone au monde…