RDC : la Monusco refuse à Moïse Katumbi la protection individuelle qu’elle accorde pourtant au Docteur Mukwege

@ Monusco – Twitter

Déjà brocardée pour son coût démesuré et son inefficacité, la mission de l’ONU en RDC est aujourd’hui taxée « d’inutilité » suite à son refus de protéger Moïse Katumbi. 

Pour tenter de justifier cette décision, Florence Marchal, la porte-parole de la Monusco a déclaré sur RFI que « le mandat de la Monusco ne fai(sai)t nullement mention de protection individuelle des personnalités ou encore de protection de candidats ».

Problème : la Monusco a déjà octroyé (à juste titre) sa protection à une personnalité individuelle, en l’occurrence au docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes ».

« Pourquoi accorder à l’un ce qu’on refuse à l’autre ? »

Les propos de la porte-parole de la force onusienne n’ont pas manqué de susciter une vague d’indignation, bien au-delà du camp des partisans de Moïse Katumbi alors que les autorités de RDC déploient tous les moyens, y compris sur le plan sécuritaire, pour tenter d’empêcher l’entrée de Moïse Katumbi dans le pays. Voilà pourquoi l’ex-gouverneur du Katanga s’était résolu à solliciter la protection de la Monusco. Une protection jugée nécessaire, voire indispensable par nombre d’associations de défense des droits de l’Homme.

Pour ce responsable de l’une d’entre elles, l’ACAJ, « l’argument de Florence Marchal ne tient pas. Pourquoi accorder à l’un ce qu’on refuse à l’autre ? », s’interroge-t-il. La veille, le président de cette association, George Kapiamba, avait déclaré sur Twitter que « la Monusco devra s’assurer que Moïse Katumbi et les six membre de sa délégation […] ne fasse l’objet ni d’arrestation ni de mauvais traitement à leur arrivée à Kasumbalesa. » Une requête laissée donc lettre morte.

« La Monusco, c’est beaucoup d’argent déversé pour une efficacité quasi-nulle »

La décision de la Monusco et la justification laborieuse et incohérente de Florence Marchal, sa porte-parole, ne sont probablement pas de nature à redorer le blason de la force onusienne en RDC, la plus grande et la plus coûteuse du monde. Forte de 16.000 hommes et d’un budget conséquent, elle n’a jamais démontré une grande efficacité dans l’enrayement de la spirale de la violence ni dans la protection des civils.

Pour se rendre compte de l’impopularité de la force onusienne, il suffit de se rendre dans le Nord-Kivu et de laisser traîner son micro. « La Monusco, c’est beaucoup d’argent déversé pour une efficacité quasi-nulle. Ça rend service à quelques hauts-fonctionnaires internationaux et aux pays qui touchent des financement pour envoyer des contingents », explique un élu du territoire de Beni. « Mais pour nous, Congolais », poursuit-il, « ça ne change rien. En fait, la Monusco depuis son arrivée, n’est pas un acteur, elle est un observateur passif des événements », constate dépité celui qui dit savoir de quoi il parle.

Et pour cause, Béni, ville située dans la province du Nord-Kivu, à quelques encablures du Parc des Virunga, est un territoire où la présence massive de la Monusco n’a en rien empêcher l’intensification des nombreux massacres contre les populations civiles. Aujourd’hui encore, notre interlocuteur se rend régulièrement au domicile des familles pour leur annoncer la mort d’un des leurs.