RDC : « Joseph Kabila s’apprête à entamer sa 19ème année au pouvoir » (Salomon Kalonda, bras droit de Moïse Katumbi)

Joseph Kabila a réuni ce mercredi 20 février les membres du FCC, mué en plateforme de gouvernement, dans sa ferme privée de Kingakati © DR

Mercredi 20 février, à Kingakati, les membres du FCC, qui détiennent une majorité écrasante au Parlement, ont réaffirmé leur fidélité à Joseph Kabila. L’ex-président demeure en effet l’homme fort du pays. C’est ce qu’a pointé du doigt sur Twitter le principal conseiller de Moïse Katumbi, Salomon Kalonda. 

Hier, les membres du Front Commun pour le Congo, se sont une nouvelle fois rendus à Kingakati, la ferme privée de Joseph Kabila, située à quelque 80 kilomètres de Kinshasa. Une fois de plus, ils lui ont prêté allégeance.

Les différents responsables de partis ayant adhéré à cette plateforme ont en effet signé un acte d’engagement au terme duquel ils ont réaffirmé leur fidélité à Joseph Kabila. Ils se sont également « engagés à se soumettre à la discipline du groupe, considérant que l’objectif poursuivi n’est pas encore atteint, les élections des sénateurs et des gouverneurs devant être menées à leurs termes ».

A cette occasion, le FCC s’est nové en plateforme politique de gouvernement. C’est de ses rangs que sera issu le prochain premier ministre, la coalition de M. Kabila s’étant octroyée une très large majorité au Parlement, tant à l’Assemblée nationale (où elle dispose de 350 députés sur 500) qu’au Sénat (via les assemblées provinciales où elle s’est également taillée la part du lion), ne laissant à Félix Tshisekedi, désigné président dans des conditions très controversées, que la portion congrue.

Pour parachever le tout et alors que l’annonce du futur premier ministre est imminente (lire notre article à ce sujet), Joseph Kabila recevra ce vendredi l’ensemble des députés nationaux et provinciaux du Front Commun pour le Congo (FCC), toujours à Kingakati.

Illusion de l’alternance

Cette séquence, qui signe le retour officiel de Joseph Kabila sur le devant de la scène politique en RDC après une brève mise en retrait depuis l’investiture de Félix Tshisekedi le 24 janvier dernier, a inspiré un commentaire acerbe au bras droit de l’opposant Moïse Katumbi.

« Les masques tombent. Aujourd’hui comme hier, c’est de Kingakati qu’est dirigée la RDC », a réagi sur Twitter Salomon Kalonda. « L’entourloupe électorale passée, Raïs Kabila n’a plus besoin de faire semblant [NDLR : comprendre, de s’abriter derrière le paravent que constitue M. Tshisekedi] ». Et celui qui est pourtant avare de paroles de conclure d’une formule cinglante : Joseph Kabila « s’apprête à entamer sa 19ème année au pouvoir grâce à sa majorité à tous les niveaux. »

En effet, en l’absence de majorité parlementaire, le président Félix Tshisekedi, arrivé au pouvoir grâce à un accord noué avec son prédécesseur à l’issue des élections du 30 décembre, n’aura qu’un pouvoir très limité et donc un rôle essentiellement symbolique. « Il a été installé à la présidence pour donner l’illusion de l’alternance. Mais passé la courte période d’euphorie, le charme commence à se dissiper. Le réveil risque d’être brutal », a commenté de son côté, de façon non moins assassine, l’un des lieutenants de l’opposant Jean-Pierre Bemba.