RDC : Depuis l’apparition d’Ebola il y a un an au Nord-Kivu et en Ituri, 1 700 morts déjà

Agents de riposte contre le virus de l'Ebola dans l'est de la RDC © DR

Il y a un an jour pour jour, Ebola faisait officiellement son apparition dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. A ce jour, plus de 1700 ont été enregistrés. 

Par Pacheco Kavundama, notre correspondant à l’est de la RDC 

Triste anniversaire pour le Nord-Kivu et l’Ituri. Il y a un an, Ebola faisait officiellement son apparition dans ces provinces de l’est du pays.

Un jour d’autant plus triste que la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, a enregistré ce 31 juillet son troisième cas de décès par Ebola. Ce qui a conduit dans la matinée de ce jeudi 1er août le gouvernement rwandais à fermer ses frontières avec la RDC. Celles-ci ont été rouvertes, quelques heures plus tard, dans l’après-midi.

Le député provincial du Nord-Kivu, élu du territoire de Beni, Jean Paul Paluku Ngahangondi, se remémore du choc causé par cette annonce l’année dernière.

« Ebola est apparue dans la commune de Mangina dans le territoire de Beni. Il s’est propagé en ville de Beni, avant de toucher Butembo et de poursuivre jusqu’en Ouganda. Désormais, Goma est touchée à son tour », déplore-t-il. « Les bonnes stratégies n’ont pas été prises par le ministère de la santé, plus généralement l’Etat et ses partenaires internationaux, en particulier au niveau de la riposte », se dit-il, convaincu.

« Où est l’Etat congolais ? »

Avec amertume, ce député provincial évoque les lacunes de ce dispositif de riposte. « Dès le départ, la communication sur le terrain a été mauvaise. A Beni, alors que les paysans ne parlent que la langue locale, le kinande, les langues parlées par les équipes de ripostes étaient le lingala et le français. Les paysans ne pouvaient donc pas comprendre », souligne l’élu.

Ce dernier regrette l’effacement de l’Etat congolais, invisible désormais sur le terrain. « On ne voit plus que les étrangers qui se battent, seuls. Où est l’Etat congolais ? Que font les autorités ? », se demande-t-il, dépité.

Des propos qui traduisent le sentiment d’abandon, largement partagé au sein des populations, dans cette partie du pays.