RDC : Accord Kabila-Tshisekedi pour la nomination d’un gouvernement « pléthorique » et « budgetivore » de 65 membres 

Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sont finalement parvenus à un accord en vue de la formation d'un gouvernement en RDC © DR

En République Démocratique du Congo, la composition de la nouvelle équipe gouvernementale devrait être annoncée dans les tout prochains jours, près de sept mois après la tenue des élections législatives. 

Enfin. Il aura fallu patienter de long mois avant que la RDC ne se dote d’un nouveau gouvernement, le premier depuis les élections générales du 31 décembre 2018.

Fruit d’un compromis entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, le futur gouvernement du premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilumba, nommé à ce poste depuis le 20 mai dernier, sera composé d’au moins 65 membres dont 20 vice- ministres.

Sans surprise, le Front Commun pour le Congo, la coalition de l’ancien chef de l’Etat, se réserve la plus grosse du gâteau avec 42  portefeuilles, dont 30 ministres titulaires.

Son allié, Cap pour le Changement (CACH) du nouveau président obtiendrait 15 ministères, auxquels devraient s’ajouter huit vice-ministères.

Gâteau élargi pour assurer le partage entre les deux camps

Comme souvent en RDC, la formation de ce nouveau gouvernement n’est pas motivée par le souci d’intégrer des compétences pour permettre à l’Etat de remplir ses missions, mais par la nécessité de satisfaire les intérêts des différents clans politiques ; en l’espèce, celui de Joseph Kabila d’abord et de Félix Tshisekedi ensuite.

« C’est ce qui explique la taille démesurée de la nouvelle équipe gouvernementale. Il y a deux camps à satisfaire. Cela nécessite mécaniquement plus de places », explique un ex-premier ministre congolaistrès au fait de ce genre de situation.

En effet, plus il y a d’alliés à satisfaire, et plus la taille du gouvernement enfle. Par comparaison, le gouvernement Matata Ponyo I comptait 36 membres (2 vice-Premiers ministres, 26 ministres et 8 vice-ministres), Matata II 48 membres (4 vice-Premiers ministres, 2 ministres d’État, 32 ministres et 10 vice-ministres) Samy Badibanga 67 membres (3 vice-Premiers ministres, 7 ministres d’Etat, 34 ministres et 23 vice-ministres), et Bruno Tshibala à peine moins, 59 membres. Le nouveau gouvernement piloté par Sylvestre Ilunga devrait donc compter 6 membres de plus que l’équipe précédente.

Dans un pays miné par la corruption et la mauvaise gestion et où le budget ne s’élève à guère plus de cinq milliards de dollars, nommer un gouvernement de 65 membres, par définition budgétivore, n’était probablement pas le meilleur signal à envoyer pour incarner sinon la rupture, à tout le moins l’alternance.