Pour son premier déplacement dans le Nord-Kivu, le chef d’état major des FARDC a parlé de tout sauf de l’essentiel : l’insécurité

Le chef d'état major des FARDC, Célestin Mbala Munsense, ce samedi 6 octobre à Goma © DR

En mission au Nord-Kivu depuis plusieurs jours et pour la première fois depuis sa nomination le 15 juillet dernier, Célestin Mbala Munsense a assisté ce samedi 6 octobre à Goma à une parade des forces de sécurité. Durant son séjour, le chef d’état major a parlé de tout (élections, solde des militaires…) sauf de l’essentiel : l’insécurité grandissante dans cette province de l’est de la RDC. 

C’est après le défilé d’une parade mixte armée – police que Célestin Mbala Munsense a pris la parole pour s’adresser aux éléments des forces de sécurité. Alors que la RDC est engagé dans un processus électoral (très controversé), le lieutenant général a d’abord tenu à rappeler l’exigence d’apolitisme qui s’impose à l’armée. « Il faut laisser la politique aux politiciens. Nous, forces de sécurité, avons pour mission de défendre le territoire national et de protéger les citoyens congolais. Les lois du pays ne nous autorisent pas à prendre part aux élections. Nous devons nous tenir éloignés de toutes activités politiques, l’armée est apolitique », a-t-il martelé.

Le lieutenant général a ensuite évoqué la solde des militaires, parlant à ce sujet d’avancées significatives. « Vous devez vous réjouir de votre solde car celle-ci a connu une augmentation significative, passant de de 30 000 FC il y a quelques années à plus de 100 000 FC aujourd’hui. Toutefois, si quelqu’un trouve que ça ne suffit pas, il peut changer de métier, faire autre chose et nous laisser sa tenue au lieu de tout combiner et d’abuser de sa position », a-t-il déclaré, faisant allusion au racket et à la rapine à auxquels se livrent certains éléments des forces de sécurité pour compléter leurs revenus.

Durant son séjour dans le Nord-Kivu, le chef d’état major des FARDC aura finalement été très prolixe, parlant de tout sauf de l’essentiel : l’insécurité très élevée dans cette province de l’est de la RDC, qui a pris ces dernières années en certains points du territoire des proportions endémiques, comme c’est le cas à Beni ; et l’incapacité de l’armée RD congolaise, ainsi que de la Monusco, à l’endiguer.