Nord-Kivu : une candidate au poste de député provincial à Goma retrouvée trois jours après son enlèvement

Lucette Soki Mulekya a été victime d'un kidnapping à Goma © DR

Il s’agit de Lucette Soki Mulekya, questeur provincial au parlement des jeunes du Nord-Kivu et coordinatrice de l’ONG Femmes pour la Paix, mais aussi candidate député provincial dans la circonscription électorale de la ville de Goma. Enlevée dimanche 11 novembre avec un jeune du nom de Benito Sikuli, étudiant à l’Institut supérieur de commerce (ISC GOMA) dans le quartier Majengo, ces deux personnes, victimes d’un kidnapping, ont été retrouvées saines et sauves mercredi vers 23h45 heure locale dans le quartier Turunga dans le territoire de Nyiragongo au nord de la ville de Goma.

Selon Ishara Butaragaza Johnson, président du parlement des jeunes du Nord-Kivu, les deux kidnappés ont été retrouvés abandonnés dans un hangar et dans un état de santé très critique. Elles subissent actuellement des soins à l’hôpital Hael Africa de Goma .

Les ravisseurs exigeaient 20 000 $ pour obtenir leur libération mais aucune rançon n’a été payée selon la même source. « Aucune rançon n’a été payée. Au contraire, les ravisseurs demandaient 20 000 $. Les parents ont dit qu’ils ne n’étaient pas en mesure de réunir une telle somme, mais seulement 700 $. Suite à de nombreux contacts, les ravisseurs étaient sur le point d’accepter les 700 $ proposés. Mais rien n’a au final été payé suite aux pressions exercées par les jeunes du parlement sur les services de sécurité”, assure Ishara Butaragaza Johnson.

Le phénomène des kidnappings prend de plus en plus d’ampleur ces derniers temps au Nord-Kivu. Certains jeunes sans emploi ou militaires indisciplinés s’adonnent à cette pratique devenue un véritable business pour ceux qui s’y livrent car il rapporte beaucoup d’argent. Les services de sécurité se révèlent inefficaces à endiguer le phénomène. Une situation qui conduit la notabilité du Nord-Kivu à pointer du doigt la complicité des services de sécurité ainsi que les entreprises de télécommunication car très souvent, l’argent versé aux ravisseurs au titre des rançons passe à un moment donné par leurs services de transfert d’argent.