Nord-Kivu : un candidat de la majorité présidentielle aux élections législatives empêché de se rendre dans son fief électoral

Dunia Bakarani, candidat aux élections législatives nationales dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu) © DR

Dimanche 18 novembre, alors qu’il se rendait dans le territoire de Masisi, son fief électoral, dans le cadre de sa pré-campagne, Dunia Bakarani, membre du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et candidat aux prochaines élections législatives sous la bannière du Front Commun pour le Congo (FCC, plate forme de la majorité) s’est vu refuser l’accès au territoire par un haut-gradé des FARDC.

C’est une anecdote qui en dit long sur l’absence d’état de droit en RDC, pays où prévaut la loi du plus fort. Il est presque 12h00 lorsque deux jeeps, qui transportent à leur bord Dunia Bakarani et son équipe, arrivent au niveau de la barrière de Mubambiro, située à une vingtaine de kilomètres de la ville Goma ; barrière qui sépare le chef-lieu du Nord-Kivu du territoire de Masisi. Sur place, un agent des renseignements se présente et demande si c’est bien le candidat député national qui est à bord du véhicule. Réponse affirmative.

C’est alors, à la surprise du cortège, que l’agent déclare qu’il a reçu l’ordre de ne pas laisser passer ce cadre du FCC. Selon les premiers éléments recueillis sur place, l’ordre serait venu d’un haut-gradé des FARDC. La raison en serait un conflit personnel entre les deux hommes. Après plus de 30 minutes de négociation, la délégation sera obligée de rebrousser chemin et de retourner vers Goma.

Arrivé dans le chef-lieu du Nord-Kivu, Dunia Bakarani multiplie les appels pour tenter d’en savoir plus et de rechercher d’éventuels appuis. Ce n’est que 3 heures plus tard qu’il sera finalement autorisé à se rendre dans son fief mais sous bonne escorte des éléments des FARDC.

Ce refus de laisser passer un candidat aux élections législatives, pourtant membre du FCC, inquiète la société civile et les ONG du Nord-Kivu. En effet, si même un proche du pouvoir est l’objet d’une telle mésaventure, qu’en sera-t-il pour les candidats de l’opposition ? Les craintes sont d’autant plus vives que le climat politique, déjà très crispé, ne cesse de se tendre à l’approche des élections prévues le 23 décembre prochain.