Nord-Kivu : les machines à voter imposées par le pouvoir de plus en plus contestées

Un premier lot très de 35 000 machines à voter ont quitté le port d’Incheon en Corée du Sud, où elles sont fabriquées, destination le port de Matadi en RDC, a indiqué la CENI début août © CENI RDC

Au Nord-Kivu comme ailleurs en RDC, les machines à voter, rebaptisées machines à tricher ou à voler, imposées par le pouvoir en vue des élections hypothétiquement prévues le 23 décembre prochain, font l’objet d’une contestation de plus en plus vive de la part de l’opposition et de la société civile. 

Par Augustin Mosange, l’un de nos correspondants à Goma

Lors d’une conférence organisée ce lundi 27 août par le parlement des jeunes du Nord-Kivu, mettant autour d’une même table majorité, opposition, société civile et jeunesse, la machine à voter s’est invitée dans les discussions.

Cyrille Muhongya, communicant de la mouvance présidentielle, endossant le costume d’avocat de la CENI, a tenté de vanter les mérites d’une machine vertement décriée. Pour  ce membre du PPRD, le parti présidentiel, il s’agit d’une innovation qui permettra d’organiser les élections dans les délais prévus. Des arguments qui ont laissés de marbre ses interlocuteurs.

Face à lui, Jean Baptiste Kasekwa, membre de la Dynamique de l’opposition, n’a guère eu de peine à convaincre l’auditoire de la fiabilité plus que douteuse d’une machine que beaucoup soupçonnent d’être l’un des instruments du pouvoir pour modifier, rapidement et discrètement, les résultats sortis des urnes.

La suspicion est telle aujourd’hui en RDC que l’usage de ces machines, fortement critiquées à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, jette un peu plus le discrédit sur un processus déjà fortement décrédibilisé par l’absence de décrispation politique, l’exclusion des principaux opposants (Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba) ou encore un fichier électoral vicié à plus de 25 % selon l’OIF.

Pour contester l’utilisation de cette machine à voter, dont l’utilisation rendrait encore plus explosif un processus électoral qui l’est potentiellement déjà beaucoup, la Lucha, mouvement citoyen né à Goma, a appelé les Congolais à une grande marche de mobilisation le 3 septembre prochain, jour de rentrée scolaire. Une rentrée qui s’annonce donc sous haute tension en RDC.