Nord-Kivu : Après la Lucha, c’est au tour du CIDDHOPPE d’accuser la DGM de faire payer aux voyageurs une taxe illégale de 500 francs congolais dans les territoires de Rutshuru et Lubero

Sur le lac Edouard, la DGM se livre également à une forme de racket institutionnel au détriment des populations civiles © DR

Le Cercle International pour la Défense des Droits de l’Homme, la Paix et l’Environnement (CIDDHOPPE), une ASBL basée à l’est de la RDC accuse la Direction Générale des Migrations (DGM) de faire payer en dehors de tout cadre légal 500 francs congolais aux voyageurs sur le lac Édouard.

Par Pacheco Kavundama, notre correspondant à l’Est de la RDC

Le CIDDHOPPE demande au directeur provincial de la DGM de rappeler à l’ordre ses agents en poste à Nyakakoma, Vitshumbi, Lunyasenge, Taliha, Musenda et Kisaka en leur interdisant de faire payer un montant de 500 francs par passager montant à bord d’une pirogue pour tout enregistrement. Selon les enquêteurs du CIDDHOPPE, le responsable de la DGM à Nyakakoma, Elisée Mapendo se dirait prêt à réduire ce montant à 300 francs. A l’en croire, cette somme, illégalement perçue, « reviendrait à son chef. Il ne pourrait donc arrêter de la percevoir que sur ordre de celui-ci, qui en est le seul bénéficiaire ».

Pour le CIDDHOPPE, il n’est pas normal que la DGM continue de percevoir des taxes illégales, à l’instar des groupes armés qui rackettent les voyageurs et autres civils vivant sur le littoral du lac Édouard, peut-on lire dans  leur communiqué de presse datant du 5 août et dont une copie est parvenue au Congo Libéré.

Le CIDDHOPPE recommande au directeur de la DGM au Nord-Kivu de relever de leurs fonctions les responsables de ce service public dans les localités de Vitshumbi, Lunyasenge, Taliha, Musenda et Kisaka et les mettre à la disposition de la justice pour extorsion. Et au procureur près les tribunaux de paix de Rutshuru et Lubero de diligenter des enquêtes sur les faits relevés dans ce communiqué de presse et de déférer devant la justice les personnes sur qui pèsent des soupçons sérieux de culpabilité. Enfin à la population, le CIDDHOPPE recommande de dénoncer tous les abus et violations des droits humains dont elle est victime du fait des agents de l’ordre.

Il y a quelques jours à Goma, les militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) avaient organisé une série de manifestations devant les Bureau de la DGM pour dénoncer aussi la perception illégale de 3 000 francs congolais par les agents de la DGM pour délivrance de document aux voyageurs au sein de la CEPGL. Quelques jours après, cette forme de racket institutionnel, subie par la population, avait été supprimé.