Lettre de protestation de la CENI à la CENCO : « nous ne céderons à aucune tentative d’intimidation, d’où qu’elle vienne », réplique un proche de l’abbé Nshole

Le secrétaire général de la Cenco, l'abbé Donatien Nshole © DR

Alors que la Commission électorale nationale indépendante a adressé à la CENCO une lettre de protestation, cette dernière n’entend pas se laisser intimider. 

La lettre est datée d’aujourd’hui. Elle est signée de la main de Corneille Nangaa, le président de la CENI, un proche de Joseph Kabila. Son objet est on-ne-peut-plus explicite : « protestation de la CENI contre la proclamation illégale des tendances et résultats des élections par des personnes et organes légalement incompétents pour ce faire. »

« Nous ne violons aucune des disposition du code électoral », a répliqué un proche de l’abbé Nshole, le secrétaire général de la CENCO. « Est-ce une tentative de museler votre institution au moment où les craintes sont vives d’une manipulation des résultats du vote de la part des autorités ? », lui demande-t-on. Réponse de l’ecclésiastique : « Peut-être. En tout cas, nous ne céderons à aucune tentative d’intimidation, d’où qu’elle vienne. Nous sommes déterminés à faire triompher la vérité des urnes », déclare celui-ci.

Lors d’une conférence de presse ce jeudi 3 décembre, l’abbé Nshole a indiqué que le résultat de l’élection présidentielle était connu de la mission d’observation électorale de la CENCO. L’écart en faveur d’un des candidats est tel que celui-ci ne peut plus désormais être battu. « Le peuple congolais a fait le choix d’un candidat comme président de la République », a-t-il déclaré. Un propos réitéré ce vendredi matin sur les ondes de RFI.

Le secrétaire général de la CENCO a en outre ajouté ne pas craindre d’engager un rapport de force avec les autorités, précisant qu’il contesterait les résultats officiels proclamés par la CENI si ceux-ci n’étaient pas conformes à la vérité des urnes.

L’UA, la SADC, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, l’UE, ainsi que de très nombreuses chancelleries (Etats-Unis, Belgique, etc.) disposent également des résultats partiels – mais déjà très significatifs – de l’élection présidentielle, anéantissant ainsi tout espoir pour le pouvoir en place de rendre crédible une éventuelle proclamation de victoire par la CENI de son candidat, Emmanuel Ramazani Shadary.