Insécurité dans l’est de la RDC : « Il faut prendre des décisions urgentes pour stopper le génocide contre la population de Beni » (Muhindo Nzangi, député national)

Le député national, élu de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, Muhindo Nzangi, a adressé jeudi une lettre au président de la RDC Félix Tshisekedi dans laquelle il évoque le « génocide de Beni » et dénonce « l’inaction et le silence » du chef de l’État congolais.

Par Pacheco Kavundama, notre correspondant à l’est de la RDC

Près de huit mois après l’installation de Félix Tshisekedi comme chef de l’État, les massacres des populations ciblées ont repris de l’ampleur à Beni sous le regard impuissant de l’armée congolaise débordée et trop accoutumée, hélas, à cette situation. C’est ce que dénonce Muhindo Nzangi dans un courrier adressé cette semaine à Félix Tshisekedi.

L’opposant congolais rappelle que, depuis le mois juin, plusieurs incursions de rebelles suivies de massacres odieux se sont produits. « Vous n’avez pas adressé de messages de compassion et vous n’avez posé aucun acte de solidarité envers les victimes. Pire, vous n’avez fait preuve d’aucune réaction vis-à-vis de l’ennemi. Jusqu’à présent, on ne perçoit aucune stratégie lisible de votre part pour stopper ce qu’il est convenu d’appeler un génocide« , peut-on lire dans la lettre du député adressée à Félix Tshisekedi.

Malgré les promesses dun nouveau président de relever les troupes débordées et délocaliser l’état major sur place à Beni, rien n’à été fait pour remédier au pourrissement de cette situation.

Pour stopper ce cercle infernal, Muhindo Nzangi adresse une proposition au président de la République. « Je vous suggère sans tarder le lancement d’une opération d’envergure conjointe FARDC-UPDF avec des moyens aériens et physiques conséquents pour éloigner dans un premier temps l’ennemi des zones urbaines et semi-urbaines. Ensuite, je vous recommande de former et équiper nos forces armées pour le ratissage », avance-t-il.

L’élu de Goma suggère également au président Félix Tshisekedi de ne pas se fier aux forces multilatérales de la Monusco, qu’il juge à raison inefficaces. « Et si l’option de l’armée ougandaise pose un  problème particulier, laissez alors les groupes armés locaux se déployer pour protéger leurs villages », souffle-t-il.

Compte tenu de l’inconséquence d’un pouvoir politique, trop occupé à s’occuper de ses seuls intérêts, et à la passivité des FARDC face à la recrudescence des tueries à Beni et ailleurs dans le Nord-Kivu, de plus en plus nombreuses sont les voix qui en appellent à l’organisation dans la région des groupes d’auto-défense.