Félix Tshisekedi autorise le retour en RDC de Moïse Katumbi mais pas de son bras droit, Salomon Kalonda

Moïse Katumbi et Salomon Kalonda © DR

Après trois ans d’un exil forcé, l’opposant à Joseph Kabila est rentré ce matin à Lubumbashi. Un retour entaché par l’absence de son bras droit, Salomon Kalonda, jugé indésirable par Félix Tshisekedi. 

Moïse Katumbi a été accueilli par des centaines de milliers de personnes, vêtues de blanc pour la plupart. Son avion a atterri sur le tarmac de l’aéroport international de Luano peu après midi, heure locale.

L’ex-gouverneur du Katanga était accompagné de ses plus proches conseillers (Olivier Kamitatu, Francis Kalombo…), tous également de retour d’exil. Mais l’un d’entre eux manquait à l’appel : son bras droit, Salomon Kalonda.

Pourtant, vérifications faites, ce dernier, qui est par ailleurs le directeur financier du TP Mazembe et le président d’un des principaux partis d’opposition, le PND, a bien introduit sa demande de passeport en même temps que M. Katumbi et le reste de son cabinet. Son dossier était en outre bien complet. Mais le précieux document ne lui a pas été délivré.

« On ne comprend pas pourquoi tout le monde a eu son passeport à l’exception du conseiller spécial du président Katumbi. Toutes les démarches effectuées et les requêtes adressées au Cabinet du président de la République Félix Tshisekedi sont restées sans suite », a réagi un cadre de la plateforme politique Ensemble.

L’incompréhension est d’autant plus vive que tous les figures de l’opposition ont reçu ces dernières semaines leur passeport pour rentrer au pays. C’est le cas notamment de Sindika Dokolo, Antipas Mbusa Nyamwisi, Honoré Ngbanda.

Tshisekedi aurait eu tout a gagné d’un retour sans tâche de Katumbi en RDC

« C’est comme si d’un côté, on tendait la main à Moïse (Katumbi) ; et de l’autre, on tentait de l’affaiblir. Salomon (Kalonda) est un meneur de jeu. Quand il n’est pas là, l’équipe n’a pas le même rendement. Le Chairman (NDLR : surnom donné à M. Katumbi) lui-même est très préoccupé par cette histoire. Salomon (Kalonda), c’est son bras droit, son bînome, le fidèle d’entre les fidèles », explique un haut-cadre d’Ensemble joint par téléphone à Lubumbashi.

Dans un pays où les fonctionnaires répondent le doigt sur la couture du pantalon au politique, difficile de croire que la cause de la non délivrance de son passeport à M. Kalonda aurait pour cause un problème administratif. Et les regards de se tourner vers Félix Tshisekedi dont l’attitude soulève des interrogations jusqu’au sein des milieux diplomatiques, là où pourtant le nouveau président recrute ses meilleurs soutiens. « Quand on se dit démocrate et attaché à l’Etat de droit, il y a des principes qui ne souffrent aucune exception. La RDC doit définitivement tourner la page du fait du prince qui est le règne de l’arbitraire », commente de manière allusive un haut-diplomate européen.

« Si Félix Tshisekedi est bien à l’origine du refus du passeport de Salomon Kalonda, c’est idiot. Cela contribue seulement à ternir son image alors qu’il aurait tout a gagné d’un retour sans tâche de Moïse Katumbi en RDC. Un homme d’Etat doit savoir mettre de côté les questions personnelles », conclut son homologue américain, qui en sait apparemment long sur cette affaire.