Face aux intimidations de Joseph Kabila, Moïse Katumbi ne renonce pas

Moïse Katumbi le 7 avril 2018 à Bruxelles. L'ex-gouverneur du Katanga est considéré par Joseph Kabila comme son opposant numéro un. © DR – Twitter

Malgré l’acharnement dont il est victime de la part du régime de Joseph Kabila, qui tente par tout moyen de l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle en RDC, Moïse Katumbi ne renonce pas. Bien au contraire.

Après avoir annoncé début mars en Afrique du Sud la création de sa plateforme électorale, baptisée « Ensemble pour le changement », et dévoilé son projet de société, le favori des sondages pour le scrutin à la magistrature suprême continue d’organiser son mouvement dont il a rendu public, ce dimanche 8 avril, le bureau politique.

Pierre Lumbi est nommé vice-président d’Ensemble et Delly Sesanga, secrétaire général. Il s’agit de deux poids lourds de la vie politique RD congolaise. Dans le bureau politique d’Ensemble, on retrouve également plusieurs personnalités influentes et expérimentées, à commencer par Salomon Kalonda, le principal conseiller de Moïse Katumbi, et Olivier Kamitatu, son porte-parole et désormais directeur de cabinet, mais aussi Christophe Lutundula, Jean-Bertrand Ewanga (transfuge de l’UNC), Gabriel Kyungu (le leader de l’UNAFEC), José Endudo, Pierre Pay Pay, Jean-Claude Muyambo et Franck Diongo (actuellement, détenus politiques), Christian Mwando, Moïse Moni Della ou encore Antipas Mbusa Nyamwisi (le leader de la communauté nande).

Mais parmi les soixante personnalités qui composent au total le bureau politique, on retrouve également beaucoup de jeunes et beaucoup de femmes. « C’est un savant dosage entre l’expérience et le renouvellement », plaide l’un des conseillers de Moïse Katumbi. Dans cette liste, on perçoit également le souci d’une représentation équilibrée des 26 provinces que compte la RDC. « Par le passé, on a trop souffert du régionalisme, voire de l’ethnicisme pour ne pas retomber dans les mêmes ornières. Le Congo est une seule et même nation », explique un conseiller du dernier gouverneur de l’ex-Katanga.

Le fait que Moïse Katumbi mette en ordre de marche son mouvement et rende public son bureau politique, qui aura vocation notamment à sélectionner les candidats pour les autres scrutins à venir (législatives, provinciales, locales), est le signe que, loin de se laisser intimider, il semble fermement décidé à participer à l’élection présidentielle, ne cédant ainsi pas aux pressions exercées par le pouvoir qui tente, par la voie judiciaire, de l’écarter de la course à la présidentielle. « Ceux qui pensent pouvoir organiser l’élection présidentielle sans Moïse Katumbi prennent leur désir pour la réalité. Ils en seront pour leur frais », clame l’un des membres du bureau politique d’Ensemble.

Joseph Kabila, qui ne souhaite pas organiser d’élection présidentielle sans y participer lui-même, espère en réalité qu’en empêchant Moïse Katumbi d’y prendre part, les pressions qui pèsent sur ses épaules pour organiser ce scrutin dans les meilleurs délais seront moins fortes. Il craint en effet plus que tout la popularité de l’ex-gouverneur du Katanga à l’intérieur du pays et son influence à l’extérieur.

Mais en poursuivant l’organisation de son mouvement, Moïse Katumbi envoie un signal clair à Joseph Kabila : il ne renoncera pas à son objectif – celui de participer à la prochaine élection présidentielle en RDC – quel que soit le degré d’acharnement du pouvoir à son encontre.