Entre Ebola et insécurité, la campagne électorale débute très timidement au Nord-Kivu

Le boulevard Kanyamuhanga, dans le centre ville de Goma, sans aucune affiche de candidats ce matin © DR

La campagne électorale, officiellement lancée jeudi 22 novembre sur toute l’étendue du pays, ne rencontre pour l’instant pas l’engouement escompté au Nord-Kivu. Une ambiance qui tranche avec celle rencontrée lors des précédents scrutins de 2006 et de 2011.

Par Augustin Mosange, l’un de nos correspondants à Goma

Tôt ce matin du 22 novembre à Goma, seules quelques photos de candidats étaient affichées sur les murs. Aucune manifestation officielle. A la place, quelques rencontres, plus modestes, dans les quartiers généraux respectifs des candidats sont prévues.

À Beni, l’ambiance est encore plus terne. Seule différence par rapport à d’habitude : des sonos disposées à l’extérieur, devant leur permanence, par les partis politiques qui diffusent des chansons à la gloire des candidats et de leurs mouvements.

Pourquoi diable une telle atonie, un tel manque d’engouement, alors qu’on se souvient qu’en 2006 et 2011, lors des précédents scrutins, c’était l’effervescence ? La faute, selon certains à l’épidémie d’Ebola et à l’insécurité grandissante. les candidats auront du mal à se déplacer durant cette période de campagne pour battre la campagne, veut-on croire.

Pour d’autres, en revanche, l’explication est à rechercher ailleurs. « Beaucoup de gens ici doutent encore de la tenue des élections à la date prévue, le 23 décembre prochain. Du coup, les candidats hésitent à dépenser leur argent pour la campagne et préfère en garder sous le pied. »

Des propos entendus un peu partout dans le Nord-Kivu comme dans les dix autres provinces du pays.