Elections en RDC : à Goma, Martin fayulu dénonce les violences du régime de Joseph Kabila contre sa campagne électorale

Conférence de presse de Martin Fayulu le 13 décembre 2018 à Goma (Nord-Kivu) © DR

Le candidat à l’élection présidentielle de la coalition Lamuka a donné ce jeudi une conférence de presse dans le chef-lieu du Nord-Kivu. L’occasion pour lui de dénoncer les nombreuses manœuvres et violences du pouvoir contre ses militants et sa campagne.

Martin Fayulu était de retour de sa campagne dans le grand Katanga. Parlant des incidents à Lubumbashi (Haut-Katanga) et Kalemi (Tanganyika), l’opposant a déclaré que la police avait reçu ordre d’empêcher tout meeting de la coalition Lamuka pour éviter que le candidat de la majorité n’ait à souffrir la comparaison. En effet, la venue d’Emmanuel Ramazani Shadary quelques jours plus tôt dans cette même partie du pays pour y faire campagne a été un flop retentissant. Un coup d’autant plus rude à encaisser pour le pouvoir qu’il s’agit de la province d’origine du président Kabila qui n’a dès lors eu de cesse d’éviter toute image susceptible d’entraîner une comparaison défavorable.

Martin Fayulu a également déploré les morts consécutifs aux incidents de Lubumbashi, rappelant que lui-même a été victime de ces violences. « Je ne fais ni de simulation ni de comédie », s’est défendu le candidat de Lamuka. « Tout ce qui s’est passé à Lubumbashi et à Kalemi est le fruit d’éléments du pouvoir infiltrés pour mettre sur le dos de l’opposition la responsabilité des violences. C’est leur technique habituelle. Mais cela ne trompe personne », a dénoncé M. Fayulu.

« Est-ce que le droit est respecté durant la campagne électorale ? Qu’en est-il de l’article 29 qui dispose que les réunions électorales se tiennent librement sur l’ensemble du territoire de la RDC ? Est-ce que la majorité respecte le code électoral ? », s’est interrogé l’opposant.

Et celui-ci de d’avertir : « Lamuka ne cédera pas malgré toutes ces intimidations du pouvoir […] Nos militants n’ont attaqué personne. »

Martin Fayulu est également revenu sur l’incendie dans la nuit du jeudi 13 décembre du dépôt de la CENI à Kinshasa. « Cet incident survient à proximité d’un camp militaire, dans une zone hyper-surveillée. Cette avenue s’appelle d’ailleurs Haut commandement. Certes, nous condamnons sans réserve cet incendie. Mais surtout, nous demandons qu’une enquête internationale et indépendante soit diligentée pour en élucider les causes. En effet, Joseph Kabila ne veut pas organiser ces élections. Il a compris que nous ne les boycotterons pas. » Cet incendie pourrait en effet offrir un utile prétexte pour justifier le report des élections ou à tout le moins l’organisation d’un scrutin a minima (avec un nombre très réduit de machines à voter déployées sur le territoire).

Martin Fayulu a appelé la population congolaise à aller voter le 23 décembre en donnant une consigne importante. « Aller voter et demander votre bulletin papier. C’est ce qui fera foi », a-t-il indiqué. Un moyen d’éviter de prêter le flanc à une possible vaste fraude au bénéfice du candidat du pouvoir qui interviendrait au moment de la transmission électronique des données au bureau central de la CENI. Ce qui est à craindre en effet, ça n’est pas l’usage de la machine à voter mais bel et bien la transmission des données, véritable chambre noire susceptible de toutes les manipulations.

Après avoir fait un début de campagne tonitruant dans le grand est (une zone sous influence de Moïse Katumbi) marqué par une très forte mobilisation populaire, le candidat de la coalition Lamuka se rendra dans l’Équateur, fief du second de ses deux principaux parrains, Jean-Pierre Bemba. Il se rendra ensuite dans le grand Bandundu, sa province d’origine, puis au Kongo central pour finir par Kinshasa, la capitale à la veille du 23 décembre.

Reste à savoir désormais si le scrutin aura bien lieu à la date prévue. Et si oui, quel scrutin sera au final organisé.