Election du 1er vice-président du Sénat : Félix Tshisekedi de nouveau accusé de népotisme

C'est Félix Tshisekedi qui a poussé en avril 2021 Samy Badibanga à la porte du Sénat © DR

Eddy Mundela Kanku a été désigné cette semaine candidat de l’Union sacrée au poste de premier vice-président du Sénat dont l’élection, qu’il est sûr de remporter, aura lieu ce samedi 12 juin. Il s’agit de pourvoir le poste laissé vacant par Samy Badibanga Ntita qui a démissionné début mars dernier « à la demande pressante du chef de l’Etat », comme l’indique une source de l’UDPS.

C’est une élection qui en temps normal serait passée inaperçue ou presque mais qui fait l’objet d’intenses débats : celle de 1er vice-président du Sénat.

D’abord, parce qu’elle donne lieu à des manœuvres peu communes. Le sénateur Georges Éric Makangu, qui se présentait sous l’étiquette « indépendant », a appris, à sa grande surprise, qu’il s’était… désisté ! Il a en réalité été retirer d’autorité de la liste des candidats, laissant ainsi seul en lice son collègue, Eddy Mundela Kanku, qui est donc certain d’être élu.

Ensuite, parce que la personnalité de ce dernier interpelle. Eddy Mundela Kanku n’est autre que le cousin de Félix Tshisekedi. C’est la raison pour laquelle, à l’époque, François Muamba Tshishimbi, qui est lui le beau-frère de M. Tshisekedi, l’a choisi comme deuxième suppléant, son premier suppléant étant le propre frère ainé d’Eddy Mundela Kanku, Gilbert Mundela. Lorsque François Mwamba quitte le Sénat en avril 2020 pour rejoindre Félix Tshisekedi au poste de coordonnateur national du Conseil présidentiel de veille stratégique pour palier l’absence de Vital Kamerhe, jeté en prison, c’est Eddy Mundela Kanku qui devient sénateur, Gilbert Mundela étant décédé entre temps (le 11 janvier 2020) lors d’une mission à Nairobi.

C’est ainsi qu’Eddy Mundela Kanku vient s’ajouter à la longue liste des membres de la famille et des amis de Félix Tshisekedi Tshilombo qui ont été nommés ces deux dernières années à des postes importants. C’est en particulier le cas de 80 % de ses conseillers à la Présidence de la République. D’où les accusations, dont il est régulièrement l’objet et qui créent des crispations auprès des militants de la première heure de l’UDPS, de népotisme. Une pratique contre laquelle il n’avait pas de mots assez durs lorsque le chef de l’Etat s’appelait encore Joseph Kabila Kabange.