Corneille Nangaa et les responsables de la CENI chez Thambwe Mwamba quelques heures avant l’invalidation de certaines candidatures aux élections

Thambwe Mwamba, Corneille Nangaa, Norbert Basengezi Katintima, Jean-Pierre Kalamba Mulumba, lors d'un de leurs rendez-vous habituels dans le bureau du ministre de la Justice, début juin 2018.

Le rendez-vous s’est déroulé dans la journée du vendredi 24 août dans le bureau du ministre de la Justice, soit quelques heures à peine avant que la CENI n’invalident plusieurs candidatures à l’élection présidentielle et aux législatives.

Depuis quelques semaines, quatre hommes ont pris l’habitude de se réunir plusieurs fois par mois et toujours au même endroit, dans le bureau du ministre de la Justice. Outre Thambwe Mwamba, se retrouvent ainsi autour d’une table Corneille Nangaa, le président de la CENI, Norbert Basengezi Katintima, son vice-président, ainsi que Jean-Pierre Kalamba Mulumba, qui en est le rapporteur.

A chaque fois, les quatre hommes devisent, documents à la main, sur les candidatures à l’élection présidentielle et aux élections législatives. Il s’agit de s’assurer que certains candidats seront bien écartés et que, pour chaque invalidation, un motif juridique, fut-il tiré par les cheveux, puisse être avancé en guise de justification. Ce jour-là, le rendez-vous habituel entre les quatre protagonistes est particulièrement important. Il s’agit de mettre la touche finale à la liste.

Quelques heures plus tard, dans la nuit du vendredi au samedi 25 août, la CENI invalidera 6 candidatures sur les 25 déposées pour l’élection présidentielle, dont celle de Jean-Pierre Bemba, ainsi que 282 des 15 505 candidatures déposées au total en vue des élections législatives (dont celles de nombreux opposants).

Cette scène, qui s’est répétée à une dizaine de reprises en l’espace de quelques semaines, ne fait en réalité que confirmer ce que tout le monde sait et dit déjà, à savoir l’inféodation totale de la CENI, censée être indépendante, au pouvoir politique. Le processus électoral en RDC est décidément bien mal parti.