À Goma, Martin Fayulu promet l’instauration de l’Etat de droit s’il est élu président de la République

Martin Fayulu le 5 décembre 2018 lors de son meeting au stade Afia de Goma (Nord-Kivu)

Le candidat à l’élection présidentielle de la coalition Lamuka, soutenu par les principaux poids lourds de l’opposition, séjourne depuis jeudi 5 décembre après-midi dans le chef-lieu du Nord-Kivu, après avoir lancé sa campagne dans la ville martyre de Beni puis s’être rendu à Butembo. 

Ici, dans le Nord-Kivu, l’enfant chéri, c’est Martin Fayulu. Le candidat commun de l’opposition a drainé une foule immense dès son arrivée à l’aéroport jusqu’au stade Afia, lieu choisi pour la tenue de son meeting qui a débuté vers 19 heures, heure locale.

Le candidat à l’élection présidentielle, soutenu par la plate-forme Lamuka réunissant les principaux poids lourds de l’opposition (dont Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba), a tout d’abord demandé aux milliers de militants réunis pour l’occasion d’observer une minute de silence en mémoire de Luc Nkulula, ce militant de la Lucha retrouvé mort calciné dans sa maison en juin dernier dans des circonstances troublantes. La police a rapidement conclu a un accident domestique. Mais beaucoup doutent de cette thèse facile. Luc Nkula, par son courage et son activisme, gênait le pouvoir tant à Kinshasa qu’à Goma. « Il faut que nous gagnions les élections du 23 décembre pour venger Luc Nkulula, que son âme repose », a lancé à la foule Martin Fayulu, sous un tonnerre d’applaudissements.

Plus généralement, Martin Fayulu a dressé un tableau très sombre de la situation sécuritaire, il est vrai catastrophique, au Nord-Kivu, et un constat très sévère du bilan des presque 18 années au pouvoir de Joseph Kabila. « Le bilan du régime de Kabila se résume à l’insécurité, l’absence d’autorité de l’Etat, la violation des droits de l’Homme et de la Constitution, la corruption, le manque de route, l’absence d’emplois pour les jeunes, à des retards considérables de salaire pour les fonctionnaires civils et les militaires, au manque de prise en charge des femmes veuves de militaires et de leurs orphelins », a dénoncé Martin Fayulu, applaudi par un public chauffé à blanc. « Tout cela changera si je suis élu. J’instaurerai l’Etat de droit, ici au Nord-Kivu comme ailleurs au Congo », a-t-il déclaré.

Justement s’il est élu le 23 décembre prochain, le candidat numéro 4 de l’élection présidentielle souligne qu’il ne se contentera pas de lutter contre l’insécurité. Il remettra en marche le processus de développement complètement enrayé par l’absence de politique économique et sociale en RDC. « Tout enfant du Congo doit savoir manipuler l’ordinateur. Il y aura des créations d’emplois. Ceux qui ne savent ni lire, ni écrire seront alphabétisés. Nous créerons des centres de formation pour les jeunes. Il faut en finir avec le phénomène des enfants des rues. Chaque fille et fils du Congo doit se voir offrir les moyens de bâtir un avenir digne », a promis Martin Fayulu.

Ce jeudi 5 décembre, Goma et le Nord-Kivu ont manifestement choisi leur candidat.